Retenue d'impôt étrangère : où détenir les actions américaines
La plupart des Canadiens détiennent au moins quelques actions américaines — peut-être par l'entremise d'un FNB S&P 500, peut-être par des titres individuels. Ce que beaucoup oublient, c'est que les États-Unis prélèvent discrètement 15 % de chaque dividende avant même qu'il n'arrive dans votre compte. Le type de compte dans lequel vous détenez ces actions détermine si vous récupérez ces 15 %, si vous les perdez, ou si vous les évitez complètement.
Ce qu'est vraiment la retenue d'impôt étrangère
Quand une société américaine verse un dividende à un actionnaire canadien, le gouvernement américain prélève sa part en premier. Pour les Canadiens, cette part est de 15 % — un taux réduit prévu par la convention fiscale Canada–États-Unis. Sans la convention, ce serait 30 %.
Ce n'est pas optionnel et ce n'est pas quelque chose que votre courtier négocie. La société américaine retient l'impôt à la source, l'envoie à l'IRS, et vous recevez 85 cents de chaque dollar de dividende. La même chose se produit avec les actions d'autres pays (Royaume-Uni, Europe, marchés émergents) — chaque pays fixe son propre taux.
Concept clé : Les Canadiens paient la retenue d'impôt étrangère sur les dividendes des actions étrangères, et non sur les gains en capital. Si une action américaine ne verse aucun dividende, il n'y a aucun frein lié à la retenue. C'est important quand vous choisissez, par exemple, entre un FNB total-marché et un FNB axé sur les dividendes.
La hiérarchie des comptes : où la retenue disparaît (ou pas)
C'est là que ça devient intéressant. La convention fiscale Canada–États-Unis reconnaît spécifiquement le REER (et le FERR) comme un compte de retraite. Quand vous détenez une action américaine ou un FNB coté aux États-Unis directement dans un REER, l'IRS renonce entièrement à la retenue de 15 %.
Le CELI n'a pas cette chance. Les États-Unis ne reconnaissent pas le CELI comme un compte de retraite — il est traité comme un compte de courtage imposable ordinaire. La retenue de 15 % s'applique toujours, et parce que le CELI est libre d'impôt, vous ne pouvez pas réclamer un crédit pour impôt étranger pour la récupérer. C'est une perte sèche.
Exemple : 10 000 $ en dividendes américains
REER (action américaine détenue directement, en USD) : 0 % de retenue. Vous conservez la totalité des 10 000 $. Victoire de la convention.
REER (FNB canadien d'actions américaines comme VFV) : La retenue de 15 % s'applique au niveau du FNB. Vous perdez 1 500 $. La convention ne vous protège pas ici.
CELI (toute exposition aux actions américaines) : 15 % de retenue. Vous perdez 1 500 $. Aucune récupération possible.
Compte non enregistré (action américaine détenue directement) : 15 % de retenue. Vous perdez 1 500 $ à l'avance, mais vous réclamez les 1 500 $ comme crédit pour impôt étranger dans votre déclaration canadienne. Coût net : environ zéro.
Le piège caché : les FNB canadiens qui détiennent des actions américaines
C'est celui qui piège la plupart des gens. Si vous détenez VFV, XUS, ZSP, ou n'importe quel FNB coté au Canada qui suit le S&P 500, vous êtes séparé d'une couche des actions américaines sous-jacentes. Les États-Unis retiennent quand même 15 % au niveau du FNB, et l'exemption du REER ne s'applique pas, parce que le FNB est une entité canadienne qui détient des actions américaines — pas vous directement.
Même chose pour les FNB internationaux comme XEF ou VIU qui détiennent des actions européennes et asiatiques par l'intermédiaire de FNB cotés aux États-Unis. Vous pouvez finir par payer la retenue deux fois : une au niveau de l'intermédiaire américain, une au niveau du pays sous-jacent. C'est ce qu'on appelle le frein « L2 », et ça peut atteindre environ 0,3 à 0,4 % par année.
La structure compte plus que le symbole : VFV (coté au Canada, détient des actions américaines) paie 15 % de retenue dans un REER. VOO (coté aux États-Unis, même exposition au S&P 500) paie 0 % de retenue dans un REER. Même exposition au marché, résultat fiscal différent.
La localisation optimale des actifs
Une fois qu'on comprend la mécanique, la stratégie de localisation s'écrit toute seule :
| Compte | À privilégier | Pourquoi |
|---|---|---|
| REER | Actions ou FNB cotés aux États-Unis (VOO, VTI, titres américains individuels) | La convention exempte la retenue de 15 % sur les dividendes américains |
| CELI | Actions canadiennes, FNB de dividendes canadiens | Aucun frein lié à la retenue; abri fiscal complet du CELI |
| Non enregistré | Payeurs de dividendes canadiens; ou actions américaines si vous voulez le CIE | Le crédit d'impôt pour dividendes fonctionne; la retenue américaine est récupérable |
| REEE / CELIAPP | Actions canadiennes, FNB de croissance à faible rendement | Même problème de retenue qu'au CELI — gardez ça canadien |
La taxe de conversion de devises
Il y a une deuxième taxe, plus discrète, par-dessus la retenue : l'écart de change de votre courtier quand vous convertissez des CAD en USD pour acheter la version cotée aux États-Unis. Chez la plupart des courtiers canadiens, cet écart est de 1,5 à 2 % chaque direction. Acheter des actions américaines, les vendre plus tard, reconvertir — vous avez payé 3 à 4 % en conversion de devises aller-retour.
Deux solutions utilisées par les Canadiens :
- Le gambit de Norbert : Acheter un FNB coté en double comme DLR en CAD, le transférer au côté USD, le vendre comme DLR.U en USD. Convertit au taux interbancaire pour quelques dollars de commission au lieu de centaines en écart.
- REER en USD : La plupart des grands courtiers offrent un REER du côté USD, donc vous ne convertissez qu'une fois à l'entrée et vous ne payez pas l'écart chaque fois que vous achetez ou recevez un dividende.
Chiffrer le frein
Exemple : 100 000 $ en actions américaines sur 30 ans
Supposons des actions américaines avec un rendement en dividendes de 1,5 % qui croissent à 7 % par année en rendement total.
Détenues comme VFV (cotées au Canada) dans un REER : frein annuel de 0,225 % dû à la retenue. Après 30 ans à 7 %, la valeur finale est d'environ 725 000 $.
Détenues comme VOO (cotées aux États-Unis) dans un REER : aucun frein lié à la retenue. Après 30 ans à 7 %, la valeur finale est d'environ 761 000 $.
Différence : environ 36 000 $ en composition perdue. À partir de la même exposition indicielle, choisie du mauvais côté de la frontière.
Quelques mises en garde honnêtes
Avant de vous précipiter pour tout convertir en symboles cotés aux États-Unis, quelques éléments à considérer :
- Impôt successoral américain : Les Canadiens qui décèdent en possédant plus de 60 000 $ US d'actifs situés aux États-Unis (incluant les FNB cotés aux États-Unis) peuvent faire face à l'impôt successoral américain. Si votre placement total en actions américaines est important et que vous approchez de la retraite, ça compte.
- Risque de change : Détenir des actifs en USD signifie que vos rendements dépendent en partie du taux de change CAD/USD. Sur 30 ans, ça tend à s'équilibrer, mais les horizons plus courts peuvent être difficiles.
- Simplicité : Si vous détenez 20 000 $ en actions américaines et que le calcul ci-dessus vous fait économiser 7 000 $ sur 30 ans, est-ce que ça vaut le tracas? Pour certains, oui. Pour d'autres, un seul FNB coté au Canada est simplement plus facile, hein?
Comment Talk Through Wealth peut vous aider
La retenue d'impôt étrangère fait partie de ces freins qui semblent petits (0,2 à 0,4 % par année) jusqu'à ce qu'on les projette sur 30 ans de composition. Talk Through Wealth peut :
- Modéliser la croissance réelle après impôt de vos actions américaines selon l'endroit où elles sont détenues
- Comparer VFV-dans-REER vs VOO-dans-REER côte à côte sur votre calendrier de retraite réel
- Vous montrer le frein combiné de la retenue, des écarts de change et du RFG dans une seule image
- Repérer les placements du CELI qui croîtraient plus vite dans un autre compte
Arrêtez de perdre des rendements au profit de l'IRS
Voyez comment vos placements américains se comportent quand vous les modélisez par compte, pas juste par symbole.
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